Autoconsommation en entreprise : fonctionnement et cadre

L’autoconsommation en entreprise consiste à produire soi-même une partie de son électricité — le plus souvent via des panneaux photovoltaïques installés en toiture ou en ombrière de parking — pour la consommer directement sur site, plutôt que de tout acheter au réseau. Le cadre réglementaire français distingue deux modèles bien distincts : l’autoconsommation individuelle, propre à un seul site, et l’autoconsommation collective, qui permet de mutualiser une installation entre plusieurs entreprises proches géographiquement.

L’autoconsommation individuelle : consommer sa propre production

Dans une opération d’autoconsommation individuelle, l’installation photovoltaïque est raccordée directement à l’installation électrique intérieure du site. Deux configurations existent : l’autoconsommation totale, où toute l’électricité produite est consommée sur place sans être injectée sur le réseau, et l’autoconsommation avec vente du surplus, où l’entreprise consomme sa production en priorité et revend l’électricité excédentaire, notamment dans le cadre de l’obligation d’achat qui garantit l’acquisition de ce surplus à un tarif réglementé. Une entreprise qui autoconsomme reste par ailleurs redevable de certaines taxes sur l’électricité (CSPE, TURPE, TCFE) selon les volumes concernés, ce qui doit être intégré au calcul de rentabilité du projet.

L’autoconsommation collective : mutualiser une installation entre plusieurs entreprises

L’autoconsommation collective permet à plusieurs consommateurs — entreprises d’une même zone d’activité, bailleur et locataires d’un même site, entre autres configurations — de se répartir la production d’une ou plusieurs installations, via une personne morale organisatrice (PMO) qui définit les règles de répartition entre participants. Ce modèle est encadré par un périmètre géographique : initialement limité à un rayon de 2 kilomètres, ce périmètre a depuis été étendu, un arrêté ayant porté certaines opérations à un rayon de 20 kilomètres. Le seuil de puissance cumulée autorisé pour ce type d’opération a lui aussi été relevé, passant de 3 à 5 mégawatts. Ces paramètres évoluent régulièrement et doivent être vérifiés au cas par cas auprès du gestionnaire de réseau au moment du montage du projet.

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Les mécanismes de soutien à l’autoconsommation

Deux dispositifs principaux soutiennent les projets d’autoconsommation en France : une prime à l’investissement, versée pour réduire le coût initial de l’installation, et l’obligation d’achat du surplus évoquée plus haut, qui sécurise la revente de l’électricité non consommée sur place. Le montant de ces soutiens dépend de la puissance de l’installation et évolue avec les arrêtés tarifaires successifs : une entreprise doit vérifier les barèmes en vigueur au moment du dépôt de son projet plutôt que de se fier à un chiffre communiqué par un tiers, ces montants n’étant pas figés dans le temps.

Pourquoi les entreprises s’intéressent à l’autoconsommation

Trois motivations reviennent le plus souvent. La maîtrise du coût de l’énergie d’abord : produire une partie de sa consommation réduit l’exposition d’un site aux variations des prix de marché de l’électricité, sans pour autant l’éliminer puisque l’entreprise reste raccordée au réseau pour compléter ses besoins. La valorisation d’un actif existant ensuite : une toiture industrielle ou un parking constituent des surfaces disponibles pour l’installation de panneaux photovoltaïques, sans mobiliser de foncier supplémentaire. Enfin, l’autoconsommation collective permet à des entreprises qui ne disposent pas elles-mêmes d’une toiture adaptée de bénéficier tout de même d’une production locale, en participant à une opération portée par un tiers de leur zone d’activité.

Autoconsommation, efficacité énergétique, énergies renouvelables : ne pas confondre

Ces trois démarches sont complémentaires mais répondent à des questions différentes. L’efficacité énergétique vise à réduire la quantité d’énergie consommée, quelle que soit son origine. L’autoconsommation porte sur l’origine de l’électricité utilisée et sur le lieu de sa production : elle ne réduit pas la consommation, elle en change la source pour une partie des besoins. Le recours aux énergies renouvelables au sens large, que nous détaillons dans notre article sur les avantages d’investir dans les énergies renouvelables pour les opérations industrielles, inclut l’autoconsommation mais aussi d’autres montages, comme l’achat d’électricité verte via un contrat avec un fournisseur ou un power purchase agreement (PPA), sans production sur site. Une entreprise cohérente traite généralement ces trois sujets ensemble : réduire d’abord ses besoins, puis étudier une production locale, avant de compléter, si nécessaire, par un contrat d’approvisionnement renouvelable externe.

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