Installer des bornes de recharge pour véhicules électriques n’est plus une simple option pour de nombreuses entreprises : la loi d’orientation des mobilités (LOM) impose depuis 2019 une obligation de pré-équipement à une partie du parc tertiaire et industriel français, tandis qu’un dispositif d’aide dédié, ADVENIR, en finance une partie du coût. Entre obligation réglementaire, financement et choix techniques, voici ce qu’implique concrètement ce projet pour une entreprise.
Quelles entreprises sont concernées par l’obligation LOM
La loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019 impose aux parkings de plus de 20 places associés à des bâtiments à usage principalement tertiaire, industriel ou de service public une obligation de pré-équipement — la pose des fourreaux, câblages et dispositifs de sécurité nécessaires — lorsque le stationnement est réservé aux employés et que le bâtiment et le parking appartiennent au même propriétaire ou occupant. Depuis 2025, selon les informations publiées par le ministère chargé de la Transition écologique, ces mêmes parkings de plus de 20 places doivent en outre être équipés d’au moins un point de recharge opérationnel pour vingt places de stationnement : une obligation d’installation effective qui s’ajoute donc au pré-équipement, et non plus une simple obligation de préparation des infrastructures. Le taux de places à pré-équiper au-delà de ce point installé varie selon la date du permis de construire du bâtiment : il atteint 20 % minimum pour les constructions neuves autorisées depuis le 1er janvier 2017, contre des seuils compris entre 5 et 10 % pour le parc existant selon sa date de construction et la taille de l’agglomération. Ces seuils précis évoluent régulièrement et méritent d’être vérifiés au cas par cas, notamment auprès d’un bureau d’études ou d’un installateur qualifié, avant d’engager des travaux.
De la pré-équipement à la borne opérationnelle : les étapes de l’installation
Pré-équiper un parking ne suffit pas à recharger un véhicule : il faut ensuite installer une borne elle-même, dimensionnée selon l’usage — recharge lente pour un stationnement de longue durée en journée, recharge rapide pour un usage plus ponctuel. La réglementation impose une puissance minimale de 22 kW pour les nouvelles installations, réduite à 7,4 kW lorsque la borne est alimentée par une source d’énergie renouvelable produite sur site. Quel que soit le projet, l’installation doit être confiée à un électricien détenteur de la qualification IRVE (infrastructures de recharge pour véhicules électriques), obligatoire dès que la puissance dépasse 3,7 kW : cette qualification, un sujet à part entière pour les professionnels de l’électricité, conditionne aussi bien la sécurité de l’installation que l’éligibilité aux aides publiques.
Le programme ADVENIR : un financement partiel de l’installation
Piloté par l’Avere-France dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE), en lien avec le ministère de la Transition écologique et l’ADEME, le programme ADVENIR finance une partie du coût d’installation des bornes de recharge, y compris pour les entreprises. Le taux de prise en charge et le plafond d’aide varient selon l’usage du parking : une aide plus modeste pour un stationnement réservé aux employés, plus élevée pour un parking ouvert au public ou aux visiteurs. Ce barème est révisé périodiquement, et l’aide n’est versée que si l’installation est réalisée par un installateur labellisé ADVENIR — d’où l’intérêt de vérifier ce point avant de signer un devis.
Pourquoi équiper son entreprise en bornes de recharge
Au-delà de l’obligation réglementaire pour les parkings concernés, plusieurs entreprises font ce choix de façon volontaire : électrification progressive de leur flotte de véhicules professionnels, réponse à une attente croissante des salariés qui roulent eux-mêmes en véhicule électrique, ou encore signal donné aux clients et partenaires dans le cadre d’une démarche RSE plus large. La borne de recharge reste toutefois un équipement, pas une politique climat à elle seule : elle prend tout son sens lorsqu’elle s’inscrit dans une réflexion plus globale sur les usages énergétiques du site.
Borne de recharge et autoconsommation en entreprise : deux démarches complémentaires
Une entreprise déjà équipée en panneaux photovoltaïques peut alimenter ses bornes de recharge avec sa propre production, ce qui permet de bénéficier du seuil de puissance minimale réduit à 7,4 kW évoqué plus haut : nous détaillons le fonctionnement et le cadre de l’autoconsommation en entreprise dans un article dédié. Les deux démarches restent toutefois distinctes : l’une porte sur la production d’électricité, l’autre sur l’équipement permettant de recharger des véhicules, et une entreprise peut tout à fait installer des bornes sans autoconsommation, ou inversement.